Présentation du projet GUYAFLUX

Responsable : Damien BONAL, Chargé de recherche à l'INRA, membre de l'UMR EcoFoG
L'augmentation de la concentration en CO2 dans l'atmosphère depuis le début de l'ère industrielle est au centre des préoccupations de lacommunauté scientifique internationale, en raison des conséquences qu'elle peut avoir sur l'effet de serre et la modification du climat général de la planète. L'un des enjeux majeurs de la recherche par rapport à cette problématique réside dans la compréhension et la caractérisation des flux et stocks de carbone dans le système atmosphère-biosphère terrestre.
Le rôle des forêts tropicales humides, caractérisées par une grande étendue ainsi que par une productivité primaire élevée, doit être examiné avec attention. Ces forêts contribuent-elles à ralentir l'augmentation des concentrations en CO2 dans l'atmosphère (puits de carbone) ou bien constituent-elles une source de carbone, notamment en raison des déforestations ? Aucune réponse précise et fiable ne peut être donnée actuellement à ces questions. Par ailleurs, sa contribution au cycle hydrologique global n'est pas évaluée de façon satisfaisante.
Il apparaît ainsi primordial de mettre en place des réseaux de mesures de CO2 et H2O entre l'écosystème forestier tropical humide et l'atmosphère.
Deux dispositifs de mesure des flux de CO2 et H2O sont installés de façon permanente au cur de la forêt primaire amazonienne (Brésil). La forêt amazonienne présentant une diversité d'espèces et une hétérogénéité importantes, le réseau actuel doit être complété. En particulier, la forêt tropicale humide de Guyane, située sur le Plateau des Guyanes, se caractérise par une composition floristique différente de la forêt du bassin amazonien et par une influence océanique qui engendre des conditions climatiques particulières (saison sèche marquée). En outre, cette forêt est essentiellement non-perturbée.
La forêt guyanaise est la seule forêt tropicale humide faisant partie de l'Union Européenne et offre des opportunités uniques pour l'analyse des questions introduites ci-dessus. D'une part, sa richesse floristique, l'étendue de ses surfaces forestières avec relativement peu de perturbations humaines en font un écosystème de référence. D'autre part, la présence d'une infrastructure technique et scientifique permanente, avec des chercheurs de plusieurs instituts collaborant dans le cadre du GIS SILVOLAB, et épaulés par des programmes nationaux solides, constitue un atout important au plans logistique et scientifique et une garantie réelle pour la mise en oeuvre de projets de durée importante.
L'INRA, en collabopration avec les partenaires de Silvolab, a décidé de mettre en place en 2003 un nouveau site atelier en Guyane française : Guyaflux . Un tel site, outre la réalisation en continu de mesure de flux au-dessus du couvert, permet d'accueillir des recherches complémentaires visant par exemple à décomposer les flux de carbone et d'eau par compartiment (sol, racines, tiges, canopées). Il permet notamment d'avoir un accès permanent à la canopée pour des récoltes de feuilles et des mesures d'échanges in situ, de récolter des échantillons gazeux pour des mesures de composition isotopique en 13C et 18O dans le CO2 de l'air, d'estimer la contribution du sol et des racines aux flux respiré.
| . Les objectifs scientifiques du programme de recherche Guyaflux sont les suivants :
Le site atelier est localisé sur le dispositif expérimental de Paracou, situé sur la concession du Centre Spatial Guyanais rétrocédée au CIRAD-Forêt. |
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