Stratégie scientifique

La stratégie scientifique découle de l’analyse des enjeux ci-dessus, des stratégies respectives des 5 tutelles (voir extraits en annexe) et de l’état des forces actuels et prévisionnels. Il est apparu lors du Comité de pilotage de novembre 2007, que l’UMR était considérée comme « stratégique » pour chacune des tutelles dans son implantation en Guyane. L’unité regroupe toutes les forces de l’INRA et d’AgroParisTech en Guyane ; elle rassemble désormais tous les moyens humains et matériels du Cirad dédiés à l’écosystème forestier et ses produits en Guyane, et une part très substantielle des recherches résidentes en Guyane du CNRS et de l’UAG.
Dans chacun des organismes, les mots clés environnement, écologie, biodiversité, changement climatique, gestion durable décrivent des enjeux stratégiques des départements de rattachement de l’unité. Tous ont aussi une vision partagée entre protection et valorisation des écosystèmes naturels, ainsi que l’affichage d’approches interdisciplinaires sur ces questions, entre sciences biologiques, sciences humaines et sciences de la matière et de l’ingénieur.
Un premier discours commun est de centrer la recherche sur l’écologie au sens large, avec des incitations (dans le rapport d’évaluation de 2005 par exemple) à combler les « manques » dans des domaines comme les sols (rôle du phosphore) ou la modélisation. Une deuxième tendance résultant des évolutions des organismes (département EDD au CNRS ou ES au Cirad) est de souhaiter une ouverture plus forte sur le rôle de l’homme dans la forêt. La troisième est de plus insérer l’unité dans son contexte socio-économique régional et de contribuer au développement durable de ces espaces de forêt tropicale humide. Mais les discours sont forcément moins convergents sur ces aspects entre des organismes à vocation internationale vers les sud (Cirad), nationale agronomique ou pas, finalisée ou pas (INRA, CNRS, AgroParisTech) ou régionale (Université des Antilles et de la Guyane).
Le message fort du dernier comité d’évaluation était aussi de n’avancer qu’avec une certaine prudence dans les ouvertures, en veillant d’abord à bien consolider les acquis du premier mandat d’une UMR encore très jeune.

Le premier choix consiste à réussir l’implantation, le développement et le maintien d’une Unité de recherche forte, cohérente et originale, résidente et pérenne, en zone tropicale humide. Cette unité doit avoir un fort réseau d’appui auprès d’Unités de recherches leaders dans nos domaines d’intérêt scientifique, en Europe et en Amérique, mais elle ne doit pas être un hôtel à projets (ce rôle devrait être joué par une instance de coordination régionale que pourraient mettre en place le Pôle Universitaire Guyanais et le futur GIS  Irista)

Le deuxième choix est de devenir un  acteur « sud américain tropical » de la recherche en écologie, en favorisant la coopération régionale avec les pays voisins (en commençant par les plus proches : l’état d’Amapa au Brésil et le Surinam) et en s’insérant dans des réseaux internationaux concernés par la forêt amazonienne au sens large.

Le troisième choix est de faire de l’Ecologie le cœur de notre projet scientifique, au sens fort du terme écologie en tant que science des interfaces (ce qui permet à nos collègues anglo-saxons de créer des concepts comme « Chemical Ecology », « Historical Ecology » ou « Genetic Ecology » et pourquoi pas « Physical Ecology » ou  « Mechanical Ecology »). Dans ce cadre le regroupement de compétences disciplinaires relevant des écologies des populations et des communautés, de la génétique, de la microbiologie, de la physiologie, des sciences du sol, de la chimie, de la physique, de la mécanique, de la géographie et de l’histoire, prend tout son sens, car les interfaces entre l’écosystème vivant et le monde physique et humain ne peuvent pas s’étudier uniquement avec les disciplines de la biologie.

Le quatrième choix est de partir de ce cœur de recherches cognitives sur l’écologie de la forêt, pour développer des outils, méthodes, itinéraires ou produits innovants, grâce aux connaissances accumulées et aux compétences disciplinaires présentes. Les cibles concernent des secteurs aussi divers que la gestion forestière, l’aménagement du territoire, l’agroforesterie intensivement écologique, l’écotourisme, la chimie verte et les biocarburants ou le génie civil et l’habitat.


 


Dernière mise à jour le 08-Oct-2008