Browse

Thème

Herbivorie dans les chablis : Interactions entre grands herbivores et régénération forestière en Guyane française

Financement et durée

Labex CEBA – Avril 2018 – durée 1 an

Responsable scientifique

Cécile Richard-Hansen - ONCFS/DRE

Partenaires scientifiques

  • Marijke Kujik & Rens Vaessen : Université Utrecht , Ecology & Biodiversity

Pour l’UMR EcoFog :

Présentation du projet

Depuis les premières alertes sur les conséquences de la diminution de la faune dans les forêts tropicales, altérant le fonctionnement de ces « forêts vides » selon l’expression Kent Redford en 1982, beaucoup d’études se sont penchées sur les mécanismes complexes d’interactions entre la grande faune et la composition et structure de la forêt, modélisant les conséquences de leur disparition. La plupart de ces études se sont focalisées sur les processus de dissémination des graines, avec les taux de germination et survie des plantules associés. Comparativement très peu d’études s’intéressent à la prédation directe des plantules par les grands herbivores.
Nous proposons ici de nous intéresser plus particulièrement à ce processus, en se focalisant sur le rôle des chablis dans ces interactions. L’hypothèse de base est que les chablis représentent des zones d’attraction clé pour les herbivores, car représentant des forts taux de régénération et beaucoup d’espèces pionnières appétences et nutritives. Les grands herbivores de la forêt guyanaise (ongulés : tapir, daguets) ont un régime alimentaire frugivore-folivore, se nourrissant de jeunes feuilles, sur des jeunes plants en croissance, à leur hauteur. Ils peuvent avoir un impact non négligeable et sélectif sur le taux de croissance et la survie de quelques espèces ou groupes fonctionnels d’espèces, intervenant après le stade critique de survie des jeunes plantules. Ce programme BROWSE constitue la première étape d’une étude à plus long terme, se concentrera sur deux objectifs :

  1. comparer l’intensité d’abroutissement à l’intérieur et à l’extérieur des zones de chablis
    et
  2. investiguer le degré de sélectivité de ces grands herbivores. Pour la première partie, tous les signes d’abroutissement seront comptabilisés dans des plots associés, dans et aux alentours des zones de chablis. Ensuite, pour explorer la sélectivité des animaux, , toutes les plantes broutées dans les chablis seront identifiées, ainsi que toutes les plantes entre 20 et 150cm de hauteur se trouvant dans un rayon de 10m autour d’elles. Les traits fonctionnels des espèces seront extraits de bases de données existantes et d’autre études en cours. La fréquentation des plots sera contrôlée par piégeage photographique, pour une meilleure identification des espèces concernées, et collecter des informations sur les comportements alimentaires. Nos résultats contribueront à une meilleure compréhension des processus de régénération des espèces d’arbres en forêt tropicale, et particulièrement sur le rôle méconnu des grands herbivores. Le programme contribuera également à améliorer nos connaissances très fragmentaires sur l’écologie de ces espèces fréquemment chassées, et parfois menacées, apportant des données de bases utiles tant pour la gestion forestière que pour la mise en place d’une gestion durable de la chasse.

DiaryTous les événements

News items Toutes les brèves