BUG - Biodiversité Urbaine de Guyane

Le projet scientifique Feder BUG porté par le CNRS pour l’UMR EcoFoG a démarré en janvier 2021. Il vise à mieux connaître la biodiversité urbaine de Guyane en couplant deux approches innovantes, les sciences participatives et le metabarcoding.

Les zones urbaines font partie des écosystèmes qui présentent actuellement le plus fort développement parmi tous les environnements terrestres. Plus de 50% de la population humaine vit aujourd’hui dans des villes et un accroissement constant de cette population urbaine est attendu durant les prochaines décennies. Bien que relativement peu peuplée au regard de la superficie du territoire, la Guyane connaît néanmoins une croissance démographique forte avec un taux de croissance annuel moyen supérieur à 2,5%. L’essentiel de la population est concentrée dans les trois grands centres urbains de la frange côtière (Ile de Cayenne, Saint-Laurent du Maroni et Kourou), mais le besoin en logements neufs, estimé entre 40 et 50 000 dans les dix prochaines années, va aboutir à une augmentation et une densification de l’habitat urbain à l’échelle de tout le territoire.

Des écosystèmes modifiés par l’urbanisation croissante

L’urbanisation conduit à la formation d’écosystèmes uniques au regard des habitats environnants en raison des modifications physiques de l’environnement. Ces modifications se traduisent en terme de structure des habitats et de perturbations diverses. Elles provoquent une augmentation de la chaleur, qui peut avoir de fortes conséquences sur les communautés d’organismes vivants (ce phénomène est d’ailleurs étudié pour comprendre et prédire les effets des changements climatiques). Les zones urbaines deviennent des sites privilégiés d’introduction et d’établissement d’espèces exotiques à fort potentiel envahissant. Ce fléau des invasions biologiques est reconnu comme étant l’une des principales causes de disparition des espèces après la destruction des habitats. Il peut générer des dommages socio-économiques majeurs.

C’est dans ce contexte que se place BUG, projet scientifique visant à étudier la biodiversité urbaine de Guyane. Deux groupes biologiques sont ciblés : les fourmis et les champignons. Les connaissances que BUG va permettre d’acquérir s’avèrent importantes afin de pouvoir mieux comprendre et prédire les changements importants à venir sur le territoire, qu’ils soient liés à l’intensification de l’urbanisation ou aux effets des changements globaux. Les données collectées viendront éclairer sur la distribution des espèces (natives, exotiques et/ou invasives) en milieux urbains en Guyane. Elles serviront également d’expertise de terrain à destination des politiques et décideurs locaux concernant la localisation de potentiels foyers d’infestation par des espèces exotiques et des actions de contrôles à mener.

Apport des sciences participatives

Afin de maximiser la collecte de données, le projet BUG propose une stratégie résolument centrée sur la participation des populations vivant en ville, et des scolaires en particulier. En contribuant à un programme de recherche, les jeunes qui participeront à BUG se formeront à la démarche scientifique mais auront également l’opportunité de mieux connaître, voir de découvrir la biodiversité dans leur environnement immédiat. Car si la Guyane est réputée pour abriter une biodiversité largement préservée et exceptionnelle, cette richesse est à la fois méconnue d’une grande majorité des citadins et aussi pour beaucoup d’entre eux inaccessible.

Les actions qui avaient été mises en place dans le projet BiNG (Biodiversité Négligée de Guyane), soutenu par le PO FEDER 2014-2020, ont permis de mesurer l’intérêt du public scolaire pour la biodiversité du territoire, mais aussi le manque de connaissance à ce sujet. Une éducation à l’environnement peut, et doit être menée. Elle passe en premier lieu par une appropriation de ce qui existe dans l’entourage immédiat, et cet aspect peut être facilité par une action participative d’accès à la connaissance.

Les actions participatives seront couplées à une autre approche innovante d’acquisition de données, par metabarcoding. Cette technique scientifique permet de détecter la biodiversité par analyses génétiques sur l’ADN extracellulaire présent dans le sol.

A terme, l’ensemble des données collectées dans BUG va permettre d’élaborer une cartographie assez complète de la biodiversité urbaine pour les groupes taxonomiques considérés et surveiller l’impact de l’urbanisation progressive.

Le projet BUG est financé par l’Union européenne via le fond européen de développement régional. Il est porté par le CNRS pour l’UMR EcoFog. Son responsable scientifique est Jérôme Orivel, directeur de recherche au CNRS. Heidy Schimann est l’experte pour la partie champignons.

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