Dygepop (Dynamique et gestion des populations d’arbres en forêt guyanaise aménagée)

Présentation

Thème

Etude de la dynamique de population d’arbres d’essence guyanaises, en vue l’élaboration de règles sylvicoles pour les forêts aménagées de Guyane.

Financement & durée

Feder: 2008-2012.

Responsable scientifique

Stéphane GUITET, Office National des Forêts.

Partenariat scientifique

  • GUITET Stéphane(Responsable du projet), BOUCHER Emmanuel, BRUNAUX Olivier, DEBARROS Guilhem FONTY Emile, Office national des Forêts, http://www.onf.fr/pres/orga/9015.htm
  • LAURANS Maryline, NICOLINI Eric, SABATIER Daniel, VINCENT Grégoire, Unité Mixte de Recherche Architecture et Modélisation des Plantes, CIRAD, IRD, http://amap.cirad.fr/fr/
  • PATINO Sandra, SCOTTI Ivan, TRAISSAC Stéphane, MARCON Eric, UMR EcoFoG

Présentation du projet

Plaquette

Contexte, problématique et intérêt régional

La sylviculture peut être définie comme l’art et la manière de conduire un peuplement d’arbres vers un objectif prédéfini afin de répondre à une attente sociale exprimée. En Guyane, une des attentes clairement exprimée vis-à-vis de la forêt est la contribution au développement local par la production de bois d’œuvre, nécessaire à la construction de logement (en forte croissance), à la création de richesse locale (exportation vers les Antilles) et au maintien d’emploi sectoriel (1% des actifs de la région). Pour répondre à ce besoin, plus de 800 000 ha de forêt naturelle ont déjà fait l’objet d’aménagements forestiers permettant d’apporter un approvisionnement régulier à la filière tout en garantissant l’intégrité des autres fonctions de la forêt : préservation de la biodiversité, protection des eaux et des sols, maintien des usages traditionnels, accueil touristique. Cependant la forêt guyanaise, comme de nombreuses forêts tropicales, est relativement pauvre en bois commercialisables (8 à 10 tiges par hectare en moyenne) et peu productive (moins de 1m3/ha/an). De fait, les 70 000 m3 de bois demandés annuellement par les entreprises de transformation locales nécessitent chaque année le défruitement de près de 15 000 ha et une longue mise en repos des peuplements (plus de 50 ans) avant de pouvoir y faire une nouvelle récolte, d’où d’importants investissements pour une rentabilité relativement faible. Améliorer cette situation est un des principaux objectifs du gestionnaire forestier en Guyane. Une réponse immédiate pour s’adapter à cette situation est d’assurer une valorisation optimale de la ressource naturelle par la mise en place d’une exploitation raisonnée, efficace et respectueuse du milieu (RIL): c’était l’objet d’un précédent programme de recherche-développement mené entre 2003 et 2007 par l’ONF et le CIRAD. Une autre réponse, visant le moyen et long terme, consiste à faire évoluer les peuplements naturels à vocation de production afin de donner une place plus importante aux espèces commercialement intéressantes et augmenter la productivité de ces peuplements ; autrement dit, c’est la mise au point d’une sylviculture adaptée aux peuplements forestiers guyanais exploités

Objectif

En forêt guyanaise, un certain nombre d’espèces commerciales montrent des comportements agrégatifs, se regroupant en tâches avec des densités d’individus relativement fortes. C’est le cas de l’Angélique (Dicorynia guianensis) ou du Gonfolo rose (Qualea rosea), qui représentent à elles seules plus de la moitié de la récolte de bois annuellement en Guyane. Par ailleurs des méthodes d’analyses permettant d’établir des modèles de croissance et de mieux comprendre le fonctionnement des populations d’arbres ont été développée récemment, notamment sur l’Angélique (Jesel, 2005) et le Wacapou (Toebosch, 2005 - Traissac, 2003). La définition d’itinéraires sylvicoles permettant de favoriser ces espèces sociales lors de l’exploitation pour évoluer vers des peuplements commercialement plus attractifs et plus productifs paraît donc une voie envisageable et réalisable que nous proposons d’explorer.
L’objectif poursuivi dans ce projet est d’étudier la dynamique de quelques populations d’arbres d’espèces agrégatives et mono-dominantes afin de dégager les mécanismes responsables de l’installation et du maintien de fortes densités dans le peuplement. Ce travail permettra de concevoir et tester des outils et des itinéraires sylvicoles visant à améliorer qualitativement et quantitativement les peuplements naturels à vocation de production en favorisant la dynamique des espèces cibles lors de l’exploitation.
Six espèces ont été sélectionnées pour cette étude. Elles appartiennent pour leur majorité aux espèces de la forêt mature, dominantes ou émergentes au stade adulte. Elles couvrent une diversité importante de modèles de croissance (Hallé, Oldeman & Tomlinson, 1978) :

Nom local Genre Espèce Famille Écologie Strate Intérêt
Spirotropis Longifolia Fabaceae Tolérante Canopée Conceptuel
ANGELIQUE Dicorynia Guianensis Caesalpiniaceae Tolérante Canopée-émergente Commercial
GONFOLO ROSE Qualea Rosea Vochysiaceae Tolérante Canopée-émergente Commercial
WAPA Eperua Grandiflora Caesalpiniaceae Tolérante Canopée Commercial
WAPA Eperua Falcata Caesalpiniaceae Tolérante - bas fond Canopée Commercial potentiellement
WACAPOU Vouacapoua Americana Caesalpiniaceae Sciaphile Canopée Commercial potentiellement

Retombées économiques et sociales pour la Guyane :

Les besoins en bois d’œuvre du marché local sont actuellement en forte augmentation, liée à la croissance démographique du département. Par ailleurs, le marché international est à la recherche de bois écocertifié. Faute de production suffisante, une majeure partie des bois tropicaux importés en France depuis l’Afrique ou le Brésil ont encore une origine non contrôlée voir douteuse.

L’Angélique est essentiellement utilisée en bois de charpente. Elle est actuellement très demandée par le marché local et les Antilles. C’est un bois de classe IV qui peut aussi répondre à des utilisations beaucoup plus valorisante de part sa durabilité naturelle et sa résistance et qui pourrait trouver sa place sur le marché de l’exportation.

Alors qu’il était totalement inutilisé il y a encore 15 ans, le Gonfolo est aussi devenu une essence très demandée localement pour la charpente. S’il est conseillé de lui appliqué un traitement pour résister aux insectes xylophages, ses qualités mécaniques sont très appréciées pour cet usage.

La récolte actuelle de ces deux essences dépassait à peine les 2 tiges/ha en moyenne en 2004 mais l’ouverture à l’exploitation du nouveau massif de Régina-St Georges permet d’envisager une augmentation conséquente de la production à l’hectare grâce aux fortes concentrations d’Angélique rencontrées. L’adoption de sylvicultures adaptées, permettant de garantir un maintien voire une augmentation de la proportion de ces essences dans le peuplement, permettraient à la filière de répondre aujourd’hui et sur le long terme à l’accroissement des besoins locaux et au développement d’un véritable marché à l’exportation, créateur de valeur ajoutée pour la Région.

L’intensification du prélèvement permettrait par ailleurs de diminuer les coûts de mobilisation des bois actuellement très forts du fait de la dispersion des produits. Elle limiterait l’extension des bassins de production qui nécessitent chaque année la création de 40km de pistes forestières. Outre les économies en terme d’investissements publiques, cela aurait aussi pour effet de limiter la longueur du transport des bois jusqu’aux centres de transformation, poste très coûteux pour la filière et pour l’environnement en émission de CO2.

Enfin, améliorer les connaissances sur l’autécologie, la démographie et la génétique de ces principales essences commerciales permettra de contribuer à l’adoption de stratégies de conservation adaptées en dehors des zones d’exploitation (série d’intérêt écologique et de protection générale) : connaissance des situations stationnelles les mieux adaptées à la conservation de l’espèce in situ, approche des tailles critiques pour la préservation de populations viables dans les zones de protection, évaluation de la diversité génétique des différentes populations….

Séminaire 2011

Séminaire 26-27 mai 2011

Productions et Communication

Rapport Final

Plaquette

Emissions de radio RFO “Paroles de Scientifique” à l’initiative du Parc Naturel Régional et du Réseau de Diffusion Scientifique et Technique de Guyane.

Interviews de S. GUITET et S. TRAISSAC

Emission 1, Emission 2, Emission 3, Emission 4, Emission 5

Projets étudiants du module FTH

Angélique 2009, Angélique 2010, Gonfolo2010

Projet Etudiant Master EFT 2010

rapport, soutenance

Rapport Stage M2 spirotropis

Diaporama premiers résultats Angélique 2011

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