Guyafor

Thème

Mise en place d’un réseau de dispositifs permanents pour un suivi à long terme des écosystèmes forestiers guyanais ; estimation du stockage de carbone des forêts guyanaises.

Financement & durée

Feder: 2008-2011.

Responsable scientifique

Lilian Blanc.

Partenariat scientifique

Lilian Blanc (responsable du projet), Christopher Baraloto, Jacques Beauchêne, Bruno Hérault, Eric Marcon, Erwan Rutishauser
UMR EcoFoG

Stéphane Guitet, Olivier Brunaux
Office National des Forêts – Direction Régionale de Guyane
http://www.onf.fr/pres/orga/9015.htm

Christine Heinz, Patrick Heuret, Eric Nicolini, Daniel Sabatie, Grégoire Vincent
Unité Mixte de Recherche Architecture et Modélisation des Plantes – CIRAD, CNRS, INRA, IRD, Univ. Montpellier II, Montpellier
http://amap.cirad.fr/fr/

Bruno Ferry
Unité Mixte de Recherche « Laboratoire d’Etudes des Ressources Forêts-Bois »- AgroParisTech, INRA
http://efdp.nancy-engref.inra.fr/

Stéphane Ponton
Unité Mixte de Recherche « Ecologie et Ecophysiologie Forestière » - INRA- Nancy
http://extranet.nancy.inra.fr/eef/l_umr_eef

Vincent Freycon
Unité Propre de Recherche « Dynamique des Forêts Naturelles »- CIRAD – Montpellier
http://www.cirad.fr/ur/dynamique_forestiere

Jérôme Chave
Unité Mixte de Recherche « Evolution et Diversité biologique » CNRS – Université de Toulouse
http://www.edb.ups-tlse.fr/equipe1/chave.htm

Présentation du projet

Le rôle de la forêt est progressivement intégré dans les programmes nationaux de mesures pour prévenir et atténuer les causes des changements climatiques.

Avec l’entrée en vigueur du protocole de Kyoto en février 2005, la France comme les 156 pays signataires du traité doit mettre en œuvre de tels programmes. Début 2006, la France a officiellement décidé d’inclure l’activité gestion forestière dans le périmètre d’application du protocole de Kyoto. D’autre part, l’intégration des forêts dans les mécanismes financiers liés au marché de carbone est clairement envisagée dans les années à venir (marché de carbone « d’origine forestière »). Pour la forêt métropolitaine, le stock de carbone est évalué à 8 milliards de tonnes équivalent CO2 et le flux entrant est estimé à 52 millions de tonnes. Pour la forêt guyanaise, ces estimations ne sont pas disponibles. Or elle représente avec 8, 063 millions d’hectares plus du tiers des forêts françaises.

Face à ces enjeux économiques et écologiques, il est donc essentiel d’évaluer précisément le stockage de carbone dans les forêts guyanaises et de comprendre le rôle des forêts et notamment son potentiel d’atténuation dans le réchauffement climatique.
Le réseau GUYAFOR, réseau de dispositifs forestiers guyanais caractérisant l’hétérogénéité spatio-temporelle du fonctionnement des forêts guyanaise, sera en mesure de répondre à cette exigence à l’horizon 2010. Depuis 2000, les efforts conjoints du CIRAD et de l’ONF (en particulier avec l’aide financière du 12ème Contrat de Plan Etat-Région) ont abouti à la mise en place du réseau GUYAFOR. Ce réseau est aujourd’hui reconnu comme un outil exceptionnel par l’ensemble de la communauté scientifique internationale.

Les objectifs du projet que nous proposons sont les suivants :

  • Déterminer à partir de données dendrométriques et biologiques du réseau GUYAFOR et de modèles d’estimation améliorés le stockage de biomasse aérienne ligneuses des grands types forestiers guyanais.
  • Extrapoler dans l’espace, à l’échelle de la Guyane et dans le temps (quels changements à venir) ces bilans.

Pour atteindre ces objectifs, nous proposons donc d’étendre le réseau GUYAFOR à de nouveaux types forestiers, de poursuivre le suivi des dispositifs existants (acquisition de données activité 1), d’améliorer les outils d’estimation de la biomasse aérienne ligneuse et des flux (acquisition d’outils, activité 2), d’extrapoler à l’échelle de la Guyane les résultats acquis sur le réseau GUYAFOR et de comprendre le fonctionnement à long terme des forêts quant à sa capacité à stocker du carbone (activité 4).

Les résultats pourraient être valorisés dans le futur par la Région Guyane : on peut en effet penser qu’à terme, des mécanismes seront mis en place pour mieux prendre en compte les fonctions de stockage de carbone des forêts dans le marché du carbone. La Région Guyane pourrait alors faire valoir auprès de la France qu’elle participe à son action globale de lutte contre les gaz à effet de serre. Les chiffres issus du projet seront alors utilisables pour la négociation.

Les activités du projet :

  • Activité 1 : Suivi à long terme des forêts guyanaises :
    • Extension du réseau : installation d’un nouveau dispositif (Laussat) et intégration de dispositifs existants (Nouragues, Arataye, Trinité, Saül)
    • Réalisation des inventaires forestiers et botaniques
    • Organisation et gestion des données récoltées.
  • Activité 2 : Amélioration des outils pour l’estimation des stocks et flux de carbone :
    • Amélioration de modèles allométriques d’estimation de la biomasse en les calibrant à partir des données récoltées en Guyane ;
    • Mise au point de modèles des taux de décomposition des bois des forêts de Guyane.
  • Activité 3 : Extrapolations des stockages de biomasse à l’échelle de la Guyane :
    • L’extrapolation des bilans de biomasse obtenus à une échelle locale (quelques hectares) nécessitent de trouver des indicateurs de structure forestière à l’échelle du massif forestier (quelques milliers de km2). Les travaux passés montrent que ces indicateurs sont liés au sol et au climat.
    • Afin d’obtenir des informations sur la structure forestière dans des zones forestières peu étudiées, nous mettrons au point de nouvelles méthode d’estimation de la biomasse à partir de l’analyse de données de télémétrie aéroportée.
  • Activité 4 : Extrapolations des bilans de biomasse dans le temps :
    • Dans cette partie nous allons explorer les variations du stockage de biomasse dans le temps et discuter ainsi du rôle de puits de carbone des forêts.

Ce projet aura des retombées directes sur la région en attirant l’attention de financeurs potentiels permettant l’émergence de projets « puits de carbone » de type forestier ou industriel actuellement en plein essor. Des projets « guyanais » peuvent tout à fait se vendre dans le cadre de marchés volontaires, et notamment dans le cadre des projets dits « domestiques » en cours d’émergence en France. Ces projets consistent à contractualiser des actions en faveur du stockage de carbone avec des entreprises privées volontaires souhaitant améliorer leur bilan interne. Plusieurs grands groupes industriels français se sont déjà lancés dans ce type de démarche dans des pays étrangers, notamment le groupe Peugeot au Brésil. L’affichage de la Guyane au premier rang de cette problématique, peut déclencher une dynamique de projets de plusieurs types comme la replantation de sites miniers clandestins abandonnés, l’aide au développement d’une filière bois-énergie en Guyane, le financement de méthodes sylvicoles permettant une amélioration du bilan carbone des exploitations forestières actuellement déficitaires sur ce plan. La mise au point de méthodes de mesure précises des stocks de carbone, adaptées à la forêt guyanaise sera un atout technique important pour les entreprises désireuses de se lancer dans la promotion de ce type de projet.

Il permettra également à la Guyane de se doter d’un outil de surveillance à long terme des forêts qui sera précieux pour des thématiques scientifiques (dynamique de la biodiversité face aux changements climatiques) et pour les actions d’aménagement du territoire et de développement local durable.

Au-delà de ces retombées, ce projet doit apporter à la Guyane une place de premier rang en termes de recherche scientifique sur le sujet hautement politique et médiatique du réchauffement climatique.

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