Qualisol

Thème

Microorganismes bio-indicateurs de la qualité des sols guyanais et du bassin amazonien.

Financement & durée

Feder: 2008-2011.

Responsable scientifique

Anne-Marie Domenach.

Partenariat scientifique

Anne Marie Domenach (responsable du projet), Jean Christophe Roggy, Isabelle Godard
UMR EcoFoG

Benjamin OULIAC, Magdaleyna kellaou
Guyane technopole. Pôle bio-ressources, Cayenne, Guyane.
http://www.guyane-technopole.org

Mathieu Godet
CETIOM, Lycéé agricole de matiti, Guyane
http://www.cetiom.fr

Robert Lensi,
Laboratoire MOST. UR SeqBio IRD, Montpellier, France
http://www.mpl.ird.fr/SeqBio/

Joao Ferraz, Sonia Alfaia, Andreza Mendonça, Tatiane S. Reis, Tania Pimentel,
CPST (Coordenação de Pesquisas em Silviculturta Tropical) INPA, Manaus, Brésil
http://www.inpa.gov.br

Présentation du projet

Le sol est un compartiment reconnu comme une véritable composante environnementale indispensable à prendre en compte lorsque l’on parle de gestion durable. Cette prise en compte s’est accompagnée de la constatation qu’il ne constitue pas une ressource inépuisable et qu’il faut donc la gérer voire la restaurer.

La dégradation des terres est un souci majeur de nombreux pays à travers le monde et on estime que 43 % des terres émergées de la planète sont limitées dans leur capacité à répondre aux besoins des sociétés humaines du fait d’impacts négatifs directs d’usages inappropriés des terres.

En Guyane, l’explosion démographique (doublement de la population d’ici 20 ans) exercera une pression foncière de plus en plus forte. Les travaux du CETIOM dans le cadre du Plan de Développement Durable de l’Agriculture Guyanaise (PDDAG) montrent notamment que les sols favorables au développement des cultures annuelles se trouvent actuellement sous forêt. Une mise en valeur de nouvelles zones de production agricoles à partir de ces zones forestières devra donc être réalisée. Par ailleurs, l’orpaillage en Guyane touche environ 200Ha de forêts tous les quatre ans en considérant seulement les concessions officielles. Les travaux de la DRIRE, de la DIREN et du syndicat des miniers ont permis la mise en place d’une charte de réhabilitation des sites dégradés. Cette charte n’impose pas obligatoirement une revégétalisation des sites, mais celle-ci sera préconisée au cas par cas suivant l’état de dégradation des sols. De même, tous les sites d’orpaillage clandestins plus ou moins anciens devront être expertisés pour décider ou non d’une intervention pour les réhabiliter. L’ONF qui a en charge la gestion de la forêt guyanaise est très demandeur d’outils d’aide à la décision qui lui permettraient d’évaluer l’état des sols.

Les enjeux pour la prochaine décennie seront donc forts en terme d’accès au foncier et d’aménagement du territoire (délimitation de nouvelles zones minières, zonage agricole….). Dans ce contexte, le choix de terres les mieux adaptées à un changement d’usage ne pourra se faire qu’à partir d’indicateurs objectifs pouvant (i) &eacu18-Déc-2009à remplir une fonction précise) et (ii), prédire les réactions et évolutions de ces sols à ces changements d’usages. Sachant la place prépondérante qu’occupent les microorganismes du sol ainsi que leur rôle fondamental dans son fonctionnement (recyclage des nutriments à l’origine de la fertilité), ces microorganismes peuvent être utilisés comme bio-indicateurs de la qualité des sols. En effet, ils remplissent les critères nécessaires à l’élaboration d’un indicateur efficace : capacité à définir les processus d’un écosystème, intégration des propriétés physiques, chimiques et biologiques, sensibilité aux changements d’usage des terres et aux variations climatiques, accessibilité et utilité pour le monde agricole et les décideurs.

Les objectifs de ce projet sont de valider une méthode d’évaluation de la qualité des sols mise au point en situation extrême (XII CPER, restauration des terrains dégradés) et qui s’est avérée robuste, sensible et représentative. Il s’agira dans un premier temps d’appliquer cette méthode sur la plus large gamme possible de forêts naturelles (différant par leur type de sols, leur niveau de pluviométrie…) afin de disposer de « référentiels de calage ». La méthode sera testée, dans un deuxième temps, dans un maximum de situations dites « perturbées » (agriculture, activités minières, plantations, forêts exploitées…) afin d’évaluer les différents niveaux de finesse et de sensibilité des indicateurs pouvant être obtenus sur des gradients de perturbations. Dans un troisième temps, nous caractériserons la stabilité du fonctionnement des sols (expériences en conditions contrôlées) afin d’évaluer leur résistance et leur capacité de récupération à des changements d’usages.

L’enjeu de ce projet est donc de pouvoir fournir des bio indicateurs génériques pour la mise au point d’un jeu d’outils d’aide à la décision en matière de gestion des changements d’usages des terres. Ces outils pourront être utilisés à terme, après transfert de technologie, par une entreprise pour de la prestation de service (orientation des zonages agricoles et miniers, évaluations des impacts écologiques dus aux changements d’usages des terres) auprès des différents acteurs locaux (chambre d’agriculture, ONF, DRIRE, CETIOM…).

Retombées économiques et sociales pour la Guyane :

  • Anticipation et accompagnement du développement économique de la Guyane (agriculture et exploitation minière) en orientant ce développement vers des pratiques de production durables, limitant les impacts de ces activités sur la biodiversité et les ressources naturelles guyanaises: choix des meilleures zones forestières destinées aux changements d’usages; suivi de la restauration des sols après exploitation minière
  • Participation avec le CETIOM et l’ONF au transfert de technologie en Guyane. L’objectif sera de permettre un transfert rapide des acquis de la recherche (française et Brésilienne) vers les secteurs du développement agricole et minier par la mise à disposition d’outils d’aide à la décision en matière de gestion (i) de la restauration des sites miniers et, (ii) des changements d’usages des terres.
  • Formation d’étudiants dans la cadre du Pôle universitaire guyanais (étudiants en M1 et M2). Interaction forte avec le Lycée agricole de Matiti : formation des lycéens (cours et travaux pratiques) et accueil de stagiaires.
  • Coopération scientifique entre la Guyane et le Brésil par échanges de savoir faire et échanges académiques visant à favoriser la formation de jeunes chercheurs : réalisation de stages effectués dans le cadre de leur thèse dans le laboratoire du pays partenaire par des étudiants inscrits dans leur université d’origine.
  • Création d’emploi : CDD technicien plateforme analytique pouvant se pérenniser en fonction de la demande locale.
  • Possibilité de création d’une start-up (Guyane Technopole) disposant d’un jeu d’outils d’évaluation (i) d’impacts écologiques de changement d’usage des terres, (ii) des niveaux d’émission de gaz à effet de serre en fonctions du type d’activités agricole (bilan N2O et CO2)
  • Diffusion-vulgarisation : les résultats obtenus dans le cadre de ce projet feront également l’objet d’une série d’actions de diffusion pour les scientifiques et pour le public. En particulier, les actions suivantes seront mises en œuvre :
    • création d’un site web.consacré aux activités et aux résultats du projet et renseignant sur toutes les actions de diffusion et de vulgarisation. Il sera hébergé sur le serveur de l’UMR ECOFOG.
    • participation aux colloques nationaux et internationaux, rédaction d’articles scientifiques
    • participation des chercheurs aux actions de vulgarisation et de sensibilisation du public (scolaires du Lycée agricole de Matiti, Chercheurs dans les écoles, Fête de la science, Conférences de Silvolab,)

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