Dega (Diversité Entomologique de Guyane et Applications)

Thème

Diversité biologique, sa conservation, l’impact des espèces envahissantes

Financement & durée

Feder, Durée du projet : 2008 - 2010.

Responsable scientifique

Alain Dejean

Partenariat scientifique

  • Laboratoire HYDRECO-Guyane de Petit Saut, Sinnamary ;
  • Unité Mixte de Recherche UMR-ECOFOG (Guyane), Cayenne et Kourou ;
  • UMR-EDB, Université Toulouse 3;
  • UMR-ECOLAB, Université Toulouse 3;
  • Musée Royal Belge de l’Institut de Sciences Naturelles, Bruxelles, Belgique;
  • Laboratoire d’Éco-éthologie évolutive, Université Libre de Bruxelles, Belgique ;
  • Department of Zoology, Division of Insects, Field Museum of Natural History, Chicago, IL, USA;
  • Laboratório de Mirmecologia (Seção de Entomologia, Centro de Pesquisa do Cacau [CEPEC] - Comissão Executiva do Plano da Lavoura Cacaueira [CEPLAC]), Itabuna, Bahia, Brésil.
  • UMR-IRD 137 Biosol; Laboratoire d’Ecologie des Sols Tropicaux (LEST) – Centre IRD d’Ile de France Bondy, France

Présentation du projet

Contexte, problématique et intérêt régional

L’essor des activités humaines à l’échelle globale s’est accompagné de translocations, volontaires ou non, d’espèces vivantes à partir de leur aire de distribution naturelle. Ces espèces deviennent envahissantes quand leur nouvel environnement est favorable à l’expansion de leurs populations et il est admis que les invasions biologiques sont la seconde cause d’érosion de la biodiversité, après la fragmentation des habitats.

Les invasions ont des conséquences sur notre société, principalement sur notre économie. Beaucoup de ces espèces (parasites, prédateurs, concurrents) modifient nos systèmes de production agro-alimentaire. D’autres touchent au développement culturel et au loisir (entrave aux activités ludiques, disparition d’espèces patrimoniales). Parfois, la présence d’espèces envahissantes entraîne à un déploiement de moyens considérables pour assurer leur éradication et leur contrôle. La gestion des invasions biologiques devient alors une activité à part entière et mobilise de plus en plus de moyens financiers.

L’introduction d’espèces d’origine étrangère en Guyane constitue un risque environnemental mal évalué, souvent considéré comme improbable, mais les forêts équatoriales du Cameroun et du Gabon sont envahies par la petite fourmi de feu, Wasmannia auropunctata, d’origine amazonienne. Par ailleurs, l’action humaine entraîne des modifications telles que des espèces pionnières autochtones deviennent envahissantes. En Guyane c’est le cas de W. auropunctata, de la “fourmi rouge” Solenopsis saevissima et de certains termites. Ces insectes sociaux sont moins vulnérables que les insectes à vie solitaire car les individus reproducteurs sont protégés à l’intérieur des colonies. Dans une perspective de protection de l’environnement ainsi que de développement de l’agriculture (élevage perturbé par les fourmis rouges; agriculture perturbée à la fois par ces fourmis et les termites) ces insectes sociaux envahissants peuvent poser des problèmes difficiles à résoudre une fois installés.

Le projet DEGA que nous présentons, s’il est accepté, prendra la suite du Projet Amazonie du CNRS intitulé “Biodiversité des Insectes de Guyane” (BIG) qui porte sur un ensemble d’espèces d’insectes et un projet FCR intitulé “Diversité Entomologique et Anthropisation” (DEA) spécialisé sur des fourmis envahissantes. Ces deux projets qui se termineront fin 2008 ont permis la formation d’un étudiant guyanais jusqu’au Master 2-professionnel et son embauche sur un CDD de six mois.

Par ailleurs, un projet du Ministère de l’Outre Mer 2007-2008 (Ecologie et risques naturels) intitulé “Production des Diptères culicidés dans les Broméliacées à réservoir de Guyane: influence de la déforestation et des fourmis” (PRODIG-E) a été récemment attribué (porteur du projet: professeur Régis Céréghino; université Toulouse 3). Il permet de financer plusieurs voyages entre l’Europe et la Guyane.

En biologie des interactions, notre équipe bénéficie d’un projet ANR-jeunes chercheurs intitulé “Ecologie moléculaire et chimique d’une association tripartite obligatoire plante/fourmi/champignon” (ALLOMERUS) dirigée par le docteur Jérôme Orivel (CR1-CNRS candidat à une mutation en Guyane). Il s’agit ici d’une recherche fondamentale.

L’équipe que nous présentons est spécialisée dans la biologie des interactions entre organismes, essentiellement les interactions plantes-insectes et les interactions insectes-insectes (proies-prédateurs, parasites-hôtes). Il s’agit d’une approche directe des mécanismes impliqués dans la coévolution où nous partons d’une recherche fondamentale (nous n’hésitons pas à manipuler les concepts) pour finir sur des études à caractère appliqué où le néologisme “applicabilité” convient parfaitement car l’ultime phase est du ressort des industriels ou des agronomes.

Objectifs du projet

  1. Avancée de nos connaissances sur les procédés limitant l’activité des insectes envahissants posant des problèmes directement en Guyane.
  2. Mise au point de certains de ces procédés.
  3. Transfert de résultats. Une partie de nos résultats sera utilisée dans des applications liées à la lutte biologique avec pour avantage d’utiliser des moyens naturels.
  4. Création d’une « cellule de veille » sur des thématiques pouvant intéresser directement la Guyane dans le futur si une agriculture liée aux plantes pérennes venait à se développer. En attendant, cette structure permettrait aux chercheurs guyanais (ou travaillant en Guyane) d’exporter des méthodes et/ou des produits mis au point en Guyane.
  5. Formation de ressources humaines sur des thèmes professionnalisants liés à nos thématiques.

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