Laurie Rolle

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Situation actuelle

Doctorante à l’UMR EcoFoG, Ecole doctorale de l’UA.

Identification et fonctionnement des peuplements végétaux ripicoles aux Petites Antilles. Application à la gestion intégrée des réseaux hydrologiques de la Martinique.

Les cours d’eau et le réseau hydrographique qu’ils constituent interviennent de façon déterminante dans la régulation des flux d’eau de surface, l’économie hydrique des sols et des nappes plus profondes. Du bon fonctionnement du réseau hydrographique dépendent directement les ressources en eau utilisable par l’homme mais aussi la stabilité des terrains, la conservation du sol et de ses ressources minérales. Sur les territoires exigus et très arrosés des îles tropicales montagneuses, les cours d’eau drainent des bassins versants relativement modestes, mais très réactifs (Météo France, 1999 ; ODE, 2012). Dans ces conditions extrêmes il est indispensables de maintenir les cours d’eau dans un état leur permettant d’évacuer les précipitations reçues par le bassin versant, tout en minimisant la charge sédimentaire transportée. Dans les régions où les bassins versants ne sont plus totalement forestiers, la stabilité fonctionnelle des cours d’eau est encore plus nécessaire.

Réponse écologique à l’interface eau et terre (fond de vallée), les formations forestières de bords de rivière aussi appelés ripisylves, sont la clé de voûte du fonctionnement des cours d’eau et des services écosystémiques qu’ils rendent. Le cours d’eau en lui-même, sa topologie, sa capacité, son évolution, ne sont pas dissociables des formations végétales qui habillent ses rives.
Dans l’histoire de la vie terrestre, les trajectoires des rivières se sont modifiées lorsque sont apparues les forêts ; les méandres se sont accentués, les courants ont ralenti, la charge sédimentaire transportée a diminué, ou s’est plus régulièrement déposé le long des rives (Wasson, 1992 ; Ward, 1983 ; Clements in Alexandre et Génin, 2011 ; Piégay, 2003). Sans forcer la comparaison, on peut considérer que le bon fonctionnement du réseau hydrographique insulaire dépend étroitement du bon fonctionnement des biocénoses qui accompagnent les cours d’eau (Frisall et al., 1986 in Piégay et al., 2003 ; Vannote et al., 1980 in Wiederkher, 2012).

Les forêts ripicoles jouent aussi un rôle de corridor écologique, en fournissant aux oiseaux, aux chauves-souris et à la faune en général, des voies de circulation privilégiées. Finalement, dans la mesure elles présentent une réelle identité, ces forêts rivulaires contribuent significativement à la diversité biologique des îles antillaises.

Étrangement, en dépit de leur importance écosystémique cruciale, les formations ripicoles antillaises n’ont pas fait l’objet de travaux écologiques spécifiques (Scatena, 1991). La plupart des études portant sur la végétation (Portecop, 1978 ; Fiard 1994 ; Rousteau 1997) tend à inclure les ripisylves d’altitude dans l’ensemble des forêts humides sans analyser la réponse de la végétation à la proximité de l’eau (Martin et al., 2007 ; Joseph et Pagney, 2001 ; Martin et al., 2000 ; Weaver, 2000 ; Grubb et al., 1963). De plus, les travaux sur les paysages de vallée et l’hydromorphologie, en Martinique comme dans les autres îles, sont peu nombreux et peu précis (Lalubie, 2010).

L’objectif de la thèse proposée consiste à améliorer la connaissance des forêts ripicoles antillaises, de leur organisation, de leur fonctionnement et de leur valeur patrimoniale, pour élaborer des outils de gestion intégrée permettant de conserver, ou le cas échéant de restaurer, les forêts ripicoles et les services écosystémiques qu’elles rendent.

  • Directeur de thèse : Alain Rousteau

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