Eléonore Mira

Thèse soutenue le 23 mai 2016

email : Eleonore.Mira at EcoFoG.gf

Situation actuelle

Doctorante à l’UMR EcoFoG, Ecole doctorale de l’UA.

Effet de la saisonnalité sur la biodiversité fonctionnelle de 2 écosystèmes forestiers insulaires de Guadeloupe : la forêt dense humide et la forêt sèche.

La diminution de la disponibilité en eau est une des conséquences les plus préoccupantes du changement climatique sur les espèces et les écosystèmes forestiers du globe. En effet, la sécheresse induit un déficit hydrique affectant de nombreux processus physiologiques et peut avoir des répercussions sur l’établissement, la croissance et la survie des arbres. Prédire la réponse des arbres et des forêts face à la sécheresse représente donc un enjeu socio-économique, écologique et scientifique majeur.
Les Antilles se situent dans un « hot-spot climatique », particulièrement à même d’être affecté par la réduction des précipitations et l’allongement de la saison sèche. De plus, les îles antillaises constituent un « hot spot de biodiversité », hébergeant un grand nombre d’espèces et présentant des taux d’endémismes particulièrement élevés. Parmi elles, l’archipel guadeloupéen est remarquable de par sa complexité topographique, pédologique et climatique qui constitue une mosaïque environnementale abritant l’ensemble de la diversité des écosystèmes caribéens distribués le long d’un gradient altitudinal et de pluviométrie. Aux deux extrémités de ce gradient se situent des formations forestières expérimentant des conditions environnementales très contrastées : la forêt sèche (50m d’altitude – 1300mm d’eau par an) et la forêt nuageuse d’altitude (800m d’altitude – 4000 mm d’eau par an). Leur diversité spécifique a largement été décrite cependant, une attention moindre a été portée à leur diversité fonctionnelle.
Afin de caractériser les stratégies de croissance et de réponse au stress hydrique, toutes deux intrinsèquement liées, les traits fonctionnels constituent des indicateurs de choix. En effet, certains traits reflètent le potentiel de résistance des arbres à la sécheresse et représentent de véritables outils prédictifs, peu pris en compte dans les modèles de réponse de la végétation. C’est notamment le cas de la marge de sécurité hydraulique, du potentiel hydrique correspondant à la perte de turgescence des cellules foliaire (Ψtlp) ou encore du potentiel hydrique induisant la fermeture des stomates. L’analyse de ces traits à différentes échelles (cellule, feuille, individu), couplée à un suivi saisonnier de paramètres physiologiques (échange gazeux foliaire, conductivité hydraulique, potentiel hydrique, croissance cambiale) et au regard de traits morphologiques classiquement considérés dans la recherche de stratégies d’acquisition et d’utilisation des ressources (surface spécifique foliaire, densité du bois…) permettra donc de dresser un portrait fonctionnel fin des espèces considérées dans ce travail. Au-delà de la caractérisation de la diversité de stratégies comportementales spécifiques lors de variations climatiques saisonnières, cette analyse permettra d’évaluer les effets de modifications climatiques plus marquées sur métabolisme des espèces. De plus, nous chercherons à déterminer si des types fonctionnels peuvent être déterminés par un jeu de traits morphologiques faciles à acquérir et couramment utilisés dans la littérature. Nous évaluerons enfin la stabilité des stratégies mises en évidence en comparant les réponses des adultes et des plantules chez quelques espèces.

  • Directeur de thèse : Daniel Imbert
  • Encadrant : Maguy Dulormne

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